30 jours d’autoportraits

Vous pouvez retrouver le projet de Morgane ici et notre interview pour les Narrateurs de Vie, ici : )

Le 1er février, le nouveau thème à traiter des Narrateurs de Vie est tombé : l’autoportrait. Ma collègue, amie et grande artiste, Morgane Malgat, annonce qu’elle se lance le défi de faire des autoportraits pendant 30 jours. Je lui demande si je peux me joindre à elle et c’est là qu’a démarré ce projet.

Et ce défi alors, ça consiste en quoi ?
Tous les jours, du 31 janvier au 2 mars, nous devions faire un autoportrait, et… c’est tout !
Nous avons échangé régulièrement avec Morgane sur nos ressentis et nos difficultés. Nous avons dû jongler avec la météo hivernale et nos aléas quotidiens. Même les jours où ça n’allait pas, il fallait sortir une image. Et ce sont nos échanges qui ont donné tout le sens à ce défi autoportrait. Au bout de 15 jours, nous nous sommes montrées nos images : c’est là que j’ai commencé à m’interroger sur ma manière de me photographier. Finalement, je me représente dans un lieu, qui signifie quelque chose pour moi, qui me représente et ça s’arrête là. En tout cas, la majorité du temps. Ce n’était pas inintéressant mais très répétitif. Je voulais aller chercher autre chose et entre autre : du lâcher prise. Le fameux ! Alors j’arrête de prévoir et je laisse la journée défiler, avec l’appareil photo à porter de main. Et je m’amuse, simplement.

Qu’est-ce qui s’est passé ?
Ce n’est pas nouveau pour moi, ça n’en est pas plus facile. J’ai peur de la panne d’inspiration, de me regarder. Je rêve de cette neige qui n’arrive pas. Les joues et les yeux gonflés d’un trop peu de sommeil, mais une lumière à ne pas laisser passer : je choisi la lumière et la vraie vie. Le regard franc arrivera-t-il ? Pourquoi est-ce que ça m’effraie tant de me regarder ? Je grogne après moi-même. Je souris de nos bêtises comme déclencher avec l’orteil. Je rage de cette fantastique période ingrate dans ma vie de femme. Avec chapeau, sans chapeau. Ombre. Lumière. La pluie s’arrêtera-t-elle un jour ? J’imagine une photo avec des livres, il y en a deux. J’imagine une photo avec de l’eau, il y en a une. Dehors, dedans. Freelensing, double exposition. Sur une chaise, à main levée, au sol, sur un trépied, dans d’autres mains. Télécommande, orteil, retardateur, index. Courir, rire. Tomber. Avoir froid. Sans mes yeux. Les possibilités sont infinies, les représentations de soi aussi.
Je réalise qu’un autoportrait est un témoignage de sa vie. Je change mon regard sur moi-même et sur une partie de mon métier. Un autoportrait c’est se voir comme personne ne nous verra jamais. Se photographier c’est être face à soi-même, pour une confrontation ou un câlin rassurant. Observer les ressemblances familiales et les petites choses qui ne sont qu’à soi. C’est réaliser qu’on était là, dans cette salle de danse, au milieu de la route sous la neige. Frissonner de voir ses petits bras autour de ma taille ou encore cette complicité inexplicable. C’est ce corps tel qu’il est, avant et après. Se regarder et s’apprivoiser par rapport à ce qu’on voit et plus selon ce que l’on a pu entendre.
C’est se mettre un peu à la place de ses clients, comprendre leurs difficultés. Mais aussi dans la peau de cette photographe bienveillante que je crois être.
Pour la suite, j’ai envie de continuer mes sessions d’autoportraits qui me servent à changer de regard ou à exprimer un sentiment passager, constant. Et de davantage m’intégrer à mes photos avec mes proches.

Ce défi sans Morgane n’aurait pas eu la même saveur. Son regard et ses mots bienveillants m’ont portée jusqu’au bout. Ce défi n’est que le début de nombreux échanges entre nous, du partage créatif, et pas seulement.

Vous pouvez retrouver le projet de Morgane ici et notre interview pour les Narrateurs de Vie, ici : )

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